dimanche 24 juin
Turquie:  Süleymaniye - Gölcük
88,22 km

BILD5087
BILD5087
BILD5088
BILD5088
BILD5089
BILD5089
BILD5090
BILD5090
BILD5091
BILD5091
BILD5092
BILD5092
BILD5093
BILD5093
BILD5094
BILD5094
BILD5095
BILD5095
BILD5096
BILD5096
BILD5097
BILD5097
BILD5098
BILD5098
BILD5099
BILD5099
BILD5100
BILD5100
BILD5101
BILD5101
BILD5102
BILD5102
BILD5103
BILD5103
BILD5105
BILD5105

Je suis sur la piste à 6h ce matin.

Je pique toujours sud en empruntant des pistes et de petites routes. Pour éviter la nationale je fais quelques détours. Les petites routes terreuses sont assez mal indiquées et mon GPS prend ici toute sa valeur.
Dans les villages les animaux sont en totale liberté…et les chiens aussi. Souvent ces derniers déboulent en aboyant comme des malades.
La première peur et chaire-de-poule passées je m’aperçois qu’en leur faisant face ils stoppent net, mais dès l’instant où le vélo démarre c’est la même comédie.
Une autre stratégie s’impose.
Au moment où je soulageais un besoin naturel un groupe de canidés en colère, profitant de ma situation délicate, me fonce dessus tous crocs dehors stoppant net mon activité. Avec le faible pourcentage de courage qu’il me reste et la panique aidant je me retourne en gueulant comme un tordu et commence à courir dans leur direction ; eux s’arrêtent aussitôt, ahuris, puis font demi-tour.
Un peu plus tard ma route passe devant un portail. Deux chiens déboulent du fond du jardin…m’en fout le portail est fermé ! Oui…pour le gros…mais le plus petit des deux se faufile dessous et me poursuit au risque de me faire tomber. J’applique donc la stratégie décrite plus haut.

 La 555 est très casse-pattes ; les montées et descentes se succèdent sur une route à quatre voies et sous un soleil de plomb. Je n’ai pas fait le plein d’eau et pas de ravitaillement à l’horizon, je suis donc obligé d’avancer. Heureusement dans une grande descente une petite épicerie familiale est ouverte. Le père m’offre un café crème avec beaucoup de gentillesse. Toute la famille est présente, sauf la maman qui disparaît. La fille de la maison m’aide à remplir mes gourdes et ma vache-à-eau.
Chargé à bloc je me mets en chasse d’un bivouac. La garigue environnante ne s’y prête pas et je galère un peu.
En suivant un très étroit chemin je tombe sur une clairière dans laquelle un berger me regarde arriver d’un air étonnée. Je m’assois parterre au coin du feu sur lequel chauffe une théière en métal. Il m’en offre dans un petit verre galbé. Je sors un paquet de cacahuètes et le lui donne.
Nous sommes là tous les deux assis en tailleur communicant par gestes et onomatopées. Ce sont des moments de plénitude.
Il se lève pour récupérer ses brebis et les chiens, puis passe devant moi avec ses bêtes. On se serrent les mains et ils disparaissent dans la garrigue.
Un chien me tiendra compagnie toute la soirée.